Décalage du séminaire d’avril 2020 – COVID-19


A moins d’habiter dans une grotte, vous êtes soumis à un régime de confinement tout comme nous. 
J’avais évoqué avec vous dans mon mail d’hier le report du séminaire d’avril avec le maintien des dates en mai et juin. Ainsi, dans la situation actuelle et compte-tenu des informations en notre possession, nous placerions le dernier séminaire dans la première quinzaine de juillet. Mais le confinement aujourd’hui d’une durée de 15 jours risque du durer plus longtemps, une durée de 3 mois est évoquée. La raison en est la période d’incubation particulièrement longue de la COVID-19 (environ 14 jours) et son taux de réplication élevé par rapport à une simple grippe (à noter que la comparaison des deux virus n’a pas de sens, ils sont très différents et n’appartiennent pas à la même famille (influenza pour l’un, SARS-COV-2 pour le coronavirus)). Du coup, il faut tabler sur un pic maximum à 6 semaines avec une descente d’une même durée. Le changement de saison pourrait accélérer la  descente selon certains épidémiologistes. 
Vous avez pu lire et entendre pas mal de choses sur le virus. Beaucoup de bêtises surtout, des projections les plus alarmistes aux plus minimalistes. Comme souvent, la vérité se situe quelque part entre les deux. Concernant les consignes barrières, vous les connaissez et il n’y a rien à ajouter. Sinon la COVID-19 grave ou pas grave ? Tout dépend de votre état de santé initial. Il en est de même pour la grippe (environ 10 000 décès par an avec une assez forte variabilité d’une année à l’autre). Les personnes âgées ou de santé fragile, celles qui sont déjà malades ou avec un terrain favorable aux complications (gros fumeurs par exemple) sont les populations les plus à risque. ce que l’on sait avec certitude : les enfants sont des catalyseurs d’épidémies, même si le virus ne représente pas beaucoup de danger pour eux, ils peuvent l’attraper et le transmettre. Le virus est capable de muter mais à plus de 3 mois d’épidémies, on n’a pas vu de modification allant vers une aggravation des symptômes pour les enfants. On sait également que la prise d’anti-inflammatoires non-stéroïdiens (cortisone, ibuprofene,etc.) est aggravant chez les personnes contaminées. 
Quelques données statistiques : l’infection à la COVID-19 peut entraîner des infections respiratoires dont les manifestations vont du simple rhume à un syndrome respiratoire sévère, pouvant nécessiter intubation et ventilation. En bref, comme communiqué par l’OMS et dans l’ordre, les symptômes de la Covid-19 sont la fièvre (88%), la toux sèche (68%), la fatigue (38%), la production d’expectorations (33%), le souffle court (19%), la gorge irritée (14%), les maux de tête (14%), les douleurs musculaires (15%), les frissons (11%), la nausée ou les vomissements (5%), la congestion nasale (5%) et la diarrhée (4%). Certains patients infectés n’ont aucun symptôme et déclarent se sentir bien (4, 5). Il ressort des études récemment publiées que 80 à 85% des sujets infectés par le SARS-CoV-2 n’ont pas ou peu de symptômes, alors que 15 à 20% développent une maladie plus sévère, souvent associée à un âge avancé ou à d’autres comorbidités. Sur la létalité potentielle du virus, les données divergent car les tests ne sont pas les mêmes en fonction des pays. Les projections sont donc différentes et difficilement comparables. Si l’on observe le nombre de morts en Italie, la létalité de la COVID-19 monte à 8,5 % alors qu’en Corée du sud on observe une létalité entre 0,3 et 0,7 %. Tout dépend des différentes mesures de santé publique qui sont adoptées par les gouvernements ainsi que la qualité du dépistage et des prises en charge. Mais pas que…. Difficile d’expliquer un tel différentiel en fonction des régions du monde. Certains évoquent une létalité variable en fonction des ethnies. En l’état, il est absurde de faire des projections car trop d’inconnues demeurent. En fait, considérer chacun des paramètres (contagiosité, stabilité et affinité du virus, mortalité…) de manière isolée expose à des biais. Seule une combinaison complexe de toutes les caractéristiques d’un virus est de nature à en qualifier sa dangerosité.Difficile donc d’avoir des certitudes sur l’origine de l’hétérogénéité de la réponse des individus face à ce virus, entre l‘absence de symptôme et la survenue d’un état grave potentiellement mortel. Cette question implique de connaitre la réponse de l’hôte à cet antigène viral. Elle reste, pour le moment, relativement méconnue et doit faire l’objet d’un énorme effort de recherche. Quand on voit les crédit alloués à la recherche, on n’a pas sorti le cul des ronces. Plusieurs vaccins sont en cours de développement. En terme médicamenteux, la Chloroquine est apparemment efficace et des études cliniques sont en cours. 
Un site internet sérieux pour tout savoir, actualisé régulièrement, à destination des populations de soignants et chercheurs : https://www.infectiologie.com/fr/covid-19.html
En attendant, voici nos recommandations : restez chez vous. Supprimez vos prises en charge. Respectez les actes barrière.

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